Le temps étiré, réorganisé avec le confinement et ses modulations, incite à réfléchir à l’essentiel. Deux auteurs viennent de publier des essais légers dans la forme mais pertinents sur le fond,  sur la vie qui passe, et la manière dont chacun peut surmonter des moments difficiles. Aujourd’hui, j’évoquerai le dernier ouvrage de Laure Adler.

Qu’est-ce que la vieillesse?

Celle-ci, dans La voyageuse de nuit, s’interroge sur la vieillesse, la sienne comme celle des autres. Comment est-elle perçue dans nos sociétés occidentales, de l’Antiquité à nos jours, comme sur d’autres continents? A quels signes détecte-t-on ce nouvel état, que codifie l’administration et les politiques publiques? Quels grands auteurs ont réfléchi et nous inspirent quant à ce glissement insidieux vers un âge certain? Que faire pour la vivre sereinement?

Un temps soumis à la pression sociale

Construction sociale, sentiment non permanent, la vieillesse aussi est genrée, et exerce une pression plus forte sur les femmes. Heureusement certaines intellectuelles ou artistes, comme Simone de Beauvoir, Louise Bourgeois, ou bien encore Doris Lessing (qu’elle ne cite pas et que j’adore) argumentent sur la qualité de l’expérience, qui permet un certain recul vis-à-vis des situations ou des gens.

Le sexe, ce tabou chez les personnes âgées en France, est facilité en Scandinavie par exemple. Chaque société s’empare du sujet à sa manière (la vieillesse synonyme de sagesse et donc de respect accru en Afrique).

Des politiques publiques dépassées

En France, la situation des EHPAD témoigne des impasses provoquées par une conception utilitariste des personnes âgées. On pourrait citer également le monde des grandes entreprises qui mettent dans la catégorie senior les cadres de plus de 45 ans. L’économie ne saurait à elle seule dicter le regard à porter sur une frange de la population de plus en plus importante numériquement et très diverse (dans les tranches d’âge comme dans la santé ou la curiosité). Le dépassement de soi, autorisé par « la mise à distance des vanités du monde », peut apporter beaucoup, humainement et spirituellement, aux proches.

Un regard personnel, une vulnérabilité certaine

Sur un mode plus journalistique que de recherche, l’écrivaine avoue ses peurs, regrette les jugements à l’emporte-pièce et se félicite des initiatives prises dans certains pays pour faciliter l’intergénérationnel ou la préservation d’une environnement qui ne soit pas dédié à attendre la fin…