Detectorists, la nouvelle série anglaise sur ARTE, enchante d’entrée de jeu. C’est l’histoire de deux amis assez dissemblables, âgés d’une trentaine d’années, qui arpentent la campagne anglaise. Ils font partie d’une association surannée de chercheurs de métaux, reconnaissables à leur détecteur, leur casque et leur petite pelle.

Leur amitié, fondée sur les kilomètres parcourus en parallèle, se nourrit de pauses philosophiques à l’ombre des grands chênes qui bordent leur terrain de chasse.

Comme ils ne boivent que de la bière, on en vient à approuver leur souhait de nettoyer les champs et prairies des capsules de canettes ou autres déchets de la société de consommation. Les personnages qui les entourent, petite amie compatissante, ex-épouse versant dans les gadgets spirituels, ou bien les autres compères de l’association ajoutent une densité aux héros. Figures de la classe populaire, Andy et Lance savourent la simplicité de leur vie sans tracas majeur.

Adeptes des quizz de toutes sortes, au pub ou à la télévision, la semaine des protagonistes se déroule selon un schéma régulier, qui les tranquillise et apaise le stress du travail, aliénant pour l’un et l’autre.

Les réunions à l’association constituent des moments épiques de volonté de reconquête de territoire face à une concurrence déloyale. Tous les membres sont mûs par l’espoir de découvrir des tombes de Saxons. Malgré la pauvreté de leurs trouvailles, le plaisir d’observer un vol d’oiseaux ou le vent dans la prairie l’emporte.

L’humour guette chaque situation; le recul sur les « petites choses de l’existence » rend la série unique. Personne ou presque ne se prend au sérieux. Ces deux gentils demeurent soudés au-delà des manigances de ceux qui les jalousent. Et cela nous réchauffe. Leur érudition, qu’elle leur soit venue chemin faisant ou en lisant, étoffe leurs personnages, par ailleurs très attachants car sans prétention et maladroits.

Une série distrayante et légère, qui nous permet de savourer les intonations délicieuses de l’accent anglais et d’ouvrir une fenêtre sur le lien si particulier qui unit les Anglais à la campagne.