David and Ruby in the Normandy studio, May 25th 2020 © David Hockney Photo credit Jean-Pierre Gonçalves de Lima

L’événement du moment, Ma Normandie, par David Hockney, à la galerie Lelong, ravit le spectateur français, fier de disposer de paysages enchanteurs pour le peintre anglais. A la faveur d’une fugue au vert, David Hockney s’installe en Normandie, en pays d’Auge, et décide de peindre l’arrivée du printemps , les vergers, prés et rivières, ainsi que les maisons à colombages des villages des alentours.

 

 

David Hockney
« The Entrance » 2019
Acrylic on 2 canvases (36 x 48″ each)
36 x 96″ overall
© David Hockney
Photo Credit: Richard Schmidt

Il s’attache à rendre la lumière chère aux Impressionnistes, aux couleurs franches et acidulées, à décrire les fermes typiques tel Rembrandt ou Van Gogh à leur époque. Un village qui ceinture un hôtel de ville, des routes et chemins sinueux, l’éclat des contrastes de couleurs et de formes simplifiées évoque une peinture faussement naïve. Une Normandie rêvée, campagnarde et qu’il raconte comme la tapisserie de Bayeux raconte l’histoire d’Angleterre. Cette dernière l’avait marquée, son influence se lit dans le déroulé de ses peintures, pour le plus grand régal des visiteurs. Loin des portraits urbains branchés auxquels le peintre avait habitué son public, sa capacité à se réinventer encore une fois surprend et séduit. Un nouveau témoignage des liens indéfectibles entre France et Angleterre !

Redemption center, 2018-2019 Gregory Crewdson, @galerieTemplon

Royal cleaners, Gregory Crewdson, 2018-2019 @galerieTemplon

A voir également à la galerie Templon l’oeuvre intrigante de Gregory Crewdson, un photographe américain, qui développe une certaine vision de l’Amérique des petites villes post-industrielles en Nouvelle Angleterre. Ses photographies sont très scénarisées et mettent en scène des personnages un peu perdus dans des environnements sordides, détruits par la crise économique et politique, que ce soit des usine abandonnées, des jardins en friche ou des rues cabossées. La fragilité des êtres humains semble palpable, leur solitude manifeste. L’esprit vagabonde en les observant et chacun peut se raconter une histoire à partir de détails saugrenus ou tristes. Les images évoquent David Lynch et leur inquiétante étrangeté.

Nouvel Horizon, Jean-Marc Bustamante

Enfin, la galerie Thaddeus Ropac présente Jean-Marc Bustamante. L’artiste s’est essayé à peindre , en extérieur, comme s’il était dans une caverne, sur une matière qui tient plus de l’enduit que de la toile pure. Les aspérités jouent avec les parties plus douces et lisses et ce contraste intéresse l’artiste. Aller au-delà de la peinture et témoigner de la fragilité des éléments anodins du paysage: une gageure réussie et doucement colorée…

Ainsi, à défaut de se rendre dans les musées ou centres d’art, les galeries permettent un contact continu avec les oeuvres, bien salutaire!