Anne de Green Gables

Quand Lucy Maud Montgomery écrit son roman Anne de Green Gables, en 1906, elle ne se doute pas que l’histoire d’une petite orpheline de 11 ans va connaitre moultes traductions et rééditions et faire le tour du monde.

L’autrice est canadienne et a connu elle-même une enfance difficile, aux côtés de grands-parents austères. L’histoire se déroule sur l’Ile-du-Prince-Edouard et raconte la jeunesse d’Anne, dans sa famille d’adoption. Le sel du roman tient au caractère très enthousiaste et imaginatif de l’enfant, à son bon coeur malgré son penchant aux bêtises. Vive et particulièrement mûre pour son âge, elle se représente néanmoins la réalité comme magnifiée par l’imagination romantique qu’elle déploie.

Incorrigible bavarde, elle en oublie ses tâches parfois, mais se rachète au centuple. Sincère, elle se fait pardonner facilement. Travailleuse, elle se donne les moyens de ses ambitions, même si parfois elle s’égare (comme lorsqu’elle achète une teinture miraculeuse pour colorer ses cheveux roux en jais et qu’ils deviennent verts!).

Très douée pour l’amitié, intransigeante sur ses propres défauts, elle attire à elle ses camarades d’école et ses professeurs admiratifs devant son intelligence hors norme. Passionnée par la vie et ses méandres de tous ordres (de la mode aux manches bouffantes en passant par les spectacles dramatiques de fin d’année scolaire ou le thé chez les voisines), elle emporte tout par son énergie joyeuse et son amour de toute chose.

Anne reste très convaincante encore aujourd’hui. Son intemporalité se joue dans sa manière constructive d’envisager les événements de la vie et son propre destin. Réfléchie et courageuse, elle affronte ses peurs, les énonce à haute voix et se lance dans l’action. Souvent extrême, elle se désespère du lendemain lorsqu’un accident survient, dans ses relations comme dans les conséquences de ses décisions. Mais elle parle, explique, témoigne, met en perspective et son besoin de partage par la parole finit par susciter la compréhension de ses interlocuteurs.

Les questions de pauvreté, de convenances parfois absurdes, de milieux sociaux pré-déterminés, n’échappent pas. à l’acuité de son regard. Néanmoins les chapitres de l’histoire, qui se suivent par ordre chronologique, expriment la finesse progressive de son éducation et du développement de son esprit critique. Féministe, égalitariste, ambitieuse, solidaire, profondément en phase avec son environnement et la nature en toutes saisons, elle rend le monde plus joyeux, vivant et poétique.

L’éditeur lui-même se fait l’écho des aspirations d’Anne dans la page conclusive du livre.

note de l’éditeur, Monsieur Toussaint Louverture

Je dois vous dire que ce livre, dès la lecture du premier chapitre entamée, m’a enthousiasmée à un point indicible! Il donnerait envie de sauter de joie à quiconque et de se réconcilier avec la terre entière! Je vous le recommande particulièrement…