Aurélien Finance, galerie Robet-Dantec

A l’occasion de l’exposition Jardin public, à la Haute Ecole des Arts du Rhin, je me suis entretenue avec Aurélien Finance, le plus jeune des artistes présentés. Diplômé en design textile à Mulhouse en 2018, il s’est toujours passionné pour les liens entre textile et mode. Il avait d’ailleurs passé un Baccalauréat professionnel axé sur la mode et le vêtement. Quelques pistes de compréhension de son univers…

L’exploration de l’enfance

J’ai commencé à m’intéresser à l’enfance avec mon mémoire, qui était dédié au doudou, cet objet transitionnel, et qui ravive des souvenirs pour tout un chacun. Une exposition au parc de Wesserling, sur la thématique de la grand mère, m’a permis de renforcer cette exploration. Le textile, pour moi, représente l’être humain. Et je laisse une place large aux émotions, telles que les peurs, les phobies, les pathologies psychologiques. Ce sont des émotions négatives, mais complexes, qui m’intéressent. Et remontent souvent à l’enfance.

La Biennale Mulhouse 019 : un déclencheur de visibilité

Cette manifestation mulhousienne, centrée sur la scène émergente de l’art contemporain, m’a permis de rencontrer ma galerie actuelle, la Galerie Robet-Dantec. Le vernissage, comme les discussions avec les autres artistes, offrent des moments privilégiés de rencontres.

Un engagement social
Dans le cadre de la résidence Clichés, qui  m’a été proposée par les musées de Mulhouse, je serai pendant deux mois, dès juin 2021, à la Kunsthalle, à l‘Ecomusée, au musée des beaux-arts ainsi qu’au musée du papier peint de Rixheim. J’ai choisi la thématique de la poussière, qui répond à mon envie de désigner un ennemi de l’hygiène dans les lieux cibles des clichés sur la culture trop élitiste. Les interactions avec le public seront au coeur de ma démarche. En fin de résidence j’envisage d’ailleurs de continuer la recherche sur ce thème auprès du public scolaire.

Un lien avec les Surréalistes
J’aime détourner l’Histoire de l’art et en particulier les oeuvres ayant trait à la nourriture. Cet imaginaire me fascine. Je me sers du travail d’Ernesto Neto sur les épices et du concept des sculpture molles de Maurice Fréchuret.
Ici, dans le jardin de la HEAR (Haute Ecole des Arts du Rhin), j’ai installé des limaces bleues, que j’ai cousu pendant des jours. La limace représente le jardin. Et leur taille, comme leur couleur, inédites, témoignent de ma volonté de montrer la présence de l’artiste de manière visible et sensible.